Depuis septembre 2019, les classes de collège et de lycée élisent des éco-délégués. Ils sont chargés de participer activement à la mise en place du développement durable au sein de leurs établissements.

Qui sont ces éco-délégués ? Comment les former et les accompagner ? Ce sont des sujets stimulants sur lesquels j’ai pu intervenir fin d’année dernière.

Le contexte de cette mission :

Nous avons pour cette mission été sollicités par le programme les Savanturiers.

Cela a été l’occasion de réunir mes compétences de conception de moments collaboratifs, de facilitation, et le savoir-faire de Prismatik, une SCOP qui accompagne ses clients sur la conception et l’animation de projets autour du jeu. Nous partageons l’intérêt et les compétences pour les formats participatifs, les outils ludiques et des engagements sur la sensibilisation aux enjeux climatiques.

Le programme des Savanturiers est basé sur l’éducation par la recherche. Les projets en classe permettent d’apprendre aux élèves à se poser des questions, formuler des hypothèses, et y répondre. Les Savanturiers s’interrogent également autour des défis de l’Anthropocène pour l’éducation, et de la transition éducative en général. 

Ici, l’enjeu principal était d’aboutir sur une journée collaborative, courant décembre, pour faire co-concevoir à des éco-délégués, ce qu’ils aimeraient faire dans un lieu sur l’écologie et le climat, pour les 12-25 ans.

Cette journée a pu être précédée de trois ateliers en amont, pour travailler avec ces élèves, sensibiliser, accompagner le rôle d’éco-délégué, au sein de leur lycée et collège Paul Valery, dans lequel j’ai pu intervenir, avec Ange Ansour des Savanturiers et une équipe d’étudiants du CRI.

Au démarrage, des ateliers de sensibilisations et de réflexion collective autour du rôle d’éco-délégué : 

Pour démarrer le projet, nous avons donc commencé par ces trois ateliers de deux heures, au sein du lycée. Nous avons travaillé avec des éco-délégués allant du collège à la classe préparatoire ; un groupe très diversifié, sur le plan des connaissances (certains étaient déjà très bien renseignés) et des motivations, mais avec plein de questions et d’envies.

Nous avons au cours des ateliers, souvent en plusieurs petits groupes, pu expérimenter différentes approches et solliciter différentes compétences. Ces ateliers ont été conçus et adaptés par nos soins en cours de projet, pour mieux s’adapter aux interactions de semaines en semaines.

  • Atelier 1 : Comprendre un sujet, poser des questions, structurer la connaissance
  • Atelier 2 : Comment développer une idée pour préparer le passage à l’action ?
  • Atelier 3 : Quels besoins pour avancer sur ce rôle d’éco-délégués, comment agir ?

Ces ateliers ont été l’occasion de recueillir pas mal d’émotions et de ressentis sur les sujets, d’échanger et d’aider à la meilleure compréhension, et de soutenir les élèves sur leur appropriation de ce nouveau rôle.

Je reviendrais sur le sujet, mais je pense qu’il y a un vrai enjeu à pouvoir aider et accompagner ces dynamiques participatives. Ce contexte, de mise en place des éco-délégués, donne un cadre pour apprendre à mieux comprendre des enjeux complexes et mener collectivement des actions positives pour l’environnement.

Une journée « Engagement pour le Climat »:

Une fois les ateliers de sensibilisations passés, l’étape suivante a été la Journée : Engagement pour la planète, avec l’aide des étudiants du CRI et de Ange Ansour. Nous nous sommes partagé l’animation entre Aurelien Lefrançois et moi-même.

Cette journée a eu lieu le 16 décembre et était axée autour d’un lieu physique à co-concevoir, pour les 12-25 ans qui voudraient agir pour le climat et l’environnement.

Dans l’animation, l’idée a été de faire confiance et d’autoriser l’autonomie, d’amener les éco-délégués à co-construire des propositions. Parce que je crois que le pari de ce type de format, c’est de donner vraiment la parole et la responsabilité, aux publics qu’on a conviés pour participer à la conception.

Cela a pris la forme, après un temps commun d’introduction et de brise-glace, de trois ateliers en parallèle, avec la liberté d’en changer en cours de journée, avec pour objectif un moment de restitution à 16 h, en présence de public.

Nous avons conçu les ateliers pour qu’ils permettent différents niveaux d’abstractions, de solliciter différents types de créativité , et de penser le lieu par différents angles.

Les ateliers :

1) Un atelier autour de la conception spatiale et matérielle du lieu

Les élèves ont construit au fil de la journée une maquette du lieu, et le récit autour pour expliquer ce qu’ils avaient envie d’y voir et d’y faire. L’occasion de poser les premières briques sur le contenu et le besoin d’un tel lieu. Les annotations, la pâte à modeler permettant de compléter et de documenter la maquette.

2) Un atelier « storyboard »

Les élèves sous forme de bandes dessinées, ont représenté des futurs possibles, certains souhaitables, d’autres non, en rapport avec leurs inquiétudes pour la planète. 

Un atelier riche en émotions, dans les discussions, mais aussi en créativité.

3) Un arbre à mission pour la planète :

Le groupe a collectivement construit des fiches missions pour dire quels seraient les rôles à jouer d’un tel lieu, expliquer les grandes missions, leurs difficultés, leurs enjeux. 

Un atelier qui a permis de faire le lien avec beaucoup d’initiatives en cours dans la recherche, la société et le monde associatif.

Sur ces ateliers, ils ont été accompagnés par des chercheurs : Tamara Ben Ari, Léa Tardieu, Olivier Aumont et aussi par Milan Roinsard d’Avenir Climatique. Cela a permis de creuser les sujets, d’interagir, de s’interroger sur les idées reçues, et de développer certains points.

Et à 16 heures, ils ont pu fièrement montrer leurs résultats au public, atelier par atelier. Et également échanger sur leurs propositions.

En conclusion :

Une journée dense, qui je pense, aura stimulé aussi bien les élèves, que les accompagnants, autour des enjeux des éco-délégués que des opportunités apportées par ce nouveau “statut”. 

Pour moi, cette nouvelle collaboration avec Prismatik, qui aura été l’occasion de mettre en communs les outils de la facilitation et du ludique, et de profiter de nos expériences mutuelles et convictions partagées.

Enfin à titre personnel, j’ai hâte de voir la forme que pourra prendre la suite de leur mandat d’éco-délégués ! Il y a un vrai potentiel dans cette démarche, mais pour cela il faut donner aux élèves l’accompagnement nécessaire pour dépasser les idées reçues, les outils pour co-construire et entreprendre malgré les difficultés, et les moyens d’avancer.

Il ne s’agit pas juste de mettre en place quelques éco-gestes dans les classes, mais bien de rendre capable de se poser les bonnes questions et d’agir collectivement pour le bien commun.

Publié par Michael BUROW

Conception & Animation de Moments Collaboratifs

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